Inventaire d’un changement

Article : Inventaire d’un changement
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1 février 2013

Inventaire d’un changement

la justice libyenne
N’est-il pas temps de faire un premier inventaire de résultats de ce soulèvement et de ses conséquences ?

Pouvons-nous maintenant, et avec objectivité, évaluer la situation du pays et faire une comparaison entre ce que nous avons eu et ce que nous avons espéré avoir ?

Deux ans après le déclenchement de la révolution libyenne qui a fait tomber une des plus grandes dictatures de l’Histoire contemporaine, certes ce n’ était pas la première en son genre, et elle ne sera pas la dernière non plus, une révolution qui a frôlé la guerre civile a plusieurs reprises et qui la frôle toujours et qui laisse aussi la porte entrouverte a une contre-révolution , si jamais les choses n’évoluent pas dans la bonne direction.

  • Politiquement nous somme à deux étapes d’en finir avec cette phase transitionnelle et nous somme sur le point de structurer le futur régime constitutionnel (avec l’adoption de la formule siège en TEFAL…qui ne colle pas !!! pour faciliter la passation du pouvoir) cette phase assurée par un organisme législatif appelé le Congrès National qui est composé de deux cents membres élus , représentant la totalité du territoire, avec des penchants politiques assez primaires et qui adopte a la perfection la technique de l’autruche face aux problèmes majeurs du pays en fermant l’œil sur les vrais sujets polémiques qui touche à l’intégrité et la stabilité du pays, comme le problème de la centralisation de l’administration qui menace de faire réapparaitre un système fédéral considéré comme un premier pas vers la division et un élément déstabilisateur pour un pays qui cherche a se rétablir
  • La sécurité intérieure est sur la bonne voie si on se fie aux déclarations du ministre de l’intérieur et du chef d’état-major, la stabilité est en progression ( à Benghazi par exemple : on ne tue plus les consuls et les ambassadeurs , mais en leurs tire dessus de loin seulement ), cette stabilité virtuelle est essentiellement définie par les chiffres de re-recrutement établis par les ministères de la Défense et de l’Intérieur, pour la énième fois, des rebelles dans leurs rangs mais en réalité, la sécurité est assurée par une équation physique qui se base sur le rapport de force suivant « Tu as une arme ! Moi aussi, alors calme toi !!! »
  • La liberté d’expression est dans toute sa gloire, des chaînes de télés et radios dans toutes les langues reconnues et non reconnus (TOUBOU et AMAZIGH) la presse écrite (papier et électronique) a connu aussi une diffusion sans égale, tu peux critiquer les décideurs politique en toute liberté , bien sûr en gardant une certaine distance avec les vrais décideurs sur le terrain ( les milices ) pour votre sécurité personnelle (kidnapping et harcèlement au menu, avec intimidation comme entrée, torture au P.P.R comme plat principal et humiliation enrobée au dessert).
  • L’économie reste le point d’orgue pour établir un rapport de développement dans un pays, mais pas en Libye, la Libye garde toujours le système de troc pour alimenter son marché intérieur, comme les Phéniciens ont fait il y a 3000 ans, sans même une volonté d’établir des bases d’une économie polyvalente qui privilégie les ressources renouvelables et les investissements dans les domaines des services, mais au contraire on constate un renforcement du système bureaucratique qui freinera l’investissement étranger et qui favorisera d’avantage la commission et la corruption considérés de tous temps comme un savoir faire.
  • les problèmes sociaux n’ont cessé de se multiplier, avec ce problème que nous avons sur les bras lié de façon directe à cette révolution, celui des familles libyennes réfugiées à cause de la punition collective infligée à toutes les villes qui ont soutenu le régime Kaddhafi, cette déportation a causé une dégradation générale du niveau de vie de ces gens et qui a nécessité l’intervention des ONG. Dans un pays qui s’est révolté contre l’injustice sociale et la marginalisation , quelle hypocrisie !!

J’entends des voix qui réclame une deuxième révolution le 15 février 2013 , et bien, bonne chance  car moi j’ai eu ma dose avec ce bilan qui démontre que les révolutions sont souvent sur la bonne route, mais dans la mauvaise direction…
Karim Nabata

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